
Balade en moto, le ciel nous tombe sur la tête, mais un petit warung (sorte de bouiboui à l’indonésienne) est là pour nous abriter !









Cet article (et les deux suivants) datent d’un bout de temps vu que je suis allée aux Molu(s)ques début février !
Cette région au fin fond de l’Indonésie est assez différente culturellement, historiquement (littéralement au carrefour du marché des épices, mais aussi de la colonisation), religieusement (majorité chrétienne), géographiquement (des toutes petites îles) et même physiquement (les habitants sont plus proches des papous que des javanais). Bref c’est encore une autre Indonésie, que j’ai découvert en solo cette fois ci !






C’est où les îles Banda ? Tu vas au milieu de nulle part, un peu à gauche, tu attends 4 jours pour le ferry, tu navigues 8h tout droit et puis, si tout se passe comme prévu, c’est bon. Franchement, c’est presque ça.
Mais ça en vaut le coup. Au fin fond des Moluques (tout à l’est de l’Indonésie), bienvenue dans un petit archipel d’une dizaine d’îles paradisiaques, où nager au milieu des coraux avec des requins, des tortues et des raies paraît presque normal. Bienvenue dans l’histoire aussi : ces îles étaient au centre de la colonisation car les seules au monde où la noix de muscade, épice si désirée, poussait naturellement.








Dans l’énorme archipel qu’est l’Indonésie, les bateaux en tout genre sont bien sûr des moyens de transport incontournables ! Ici plus que jamais, on peut dire que le transport fait partie du voyage.








Bienvenue au pays Toraja, enclave montagneuse extrêmement attachée à ses traditions au sud de l’île de Sulawesi.
Ici, le prestige se mesure en quantité de buffles albinos et on conserve les cadavres des mois voire des années entières afin de rassembler l’argent nécessaire aux différents rituels, comprenant de nombreux sacrifices de buffles et de cochons, qui permettront au défunt de monter au paradis. La mort n’est pas redoutée car chacun sait que sa famille fera le nécessaire pour assurer sa vie dans l’au-delà.
Pour imaginer l’athmosphère qui règne lors de funérailles torajas, ce que nous connaissons de plus proche serait un mariage. On y mange, on y boit, on y accueille des invités (qui se doivent d’offrir un cadeau à la famille du défunt) par centaines, on y danse, on y discute, on y rit, on y est vu … et on engage même un photographe professionel pour immortaliser le moment !
Par contre, différence de taille avec nos mariages, on y sacrifit des dizaines d’animaux : des cochons et (plus prestigieux) des buffles. Et avant l’arrivée du christiannisme au début du siècle, également des esclaves … La quantité d’animaux sacrifiés dépend du prestige social du défunt, et peut atteindre les « unlimited buffalos » !
La vue des sacrifices peut être dure à supporter (donc les photos aussi, âmes sensibles s’abstenir). Lors du sacrifice de buffle auquel j’ai assisté, un touriste s’est évanoui … dans la crotte de cochon ! Les conditions de traitement des animaux avant les sacrifices et les conditions hygiéniques lors du dépeçage de la viande qui est ensuite servie aux invités sont aussi quelque peu traumatisantes (je n’ai plus mangé de viande depuis) …
Ces photos ont été prises dans 3 villages différents.










En dehors des funérailles proprement dites, la culture toraja semble émaner de chaque détail de cette contrée montagneuse hors du temps, où la vie est centrée sur la mort et les buffles, qui serviront eux-même à honorer la mort.
Tout d’abord, les maisons traditionnelles en forme de poupe de bateau et leur grange à riz surélevée émaillent la campagne. Et bien entendu, la quantité de cornes de buffles à l’entrée témoigne du prestige social de la famille qui l’habite. A proximité des villages se trouvent souvent des sites funéraires de toute sorte, bien spécifiques aux Torajas.
De même, les buffles sont omniprésents : dans les champs, dans les rizières où ils prennent leur bain ou encore nettoyé conscieusement par leur heureux propriétaire au tuyau d’arrosage, brosse et savon. Ici, un buffle vaut mieux qu’une voiture ou l’eau courante. Le contrastre est frappant entre la pauvreté apparente de la région (ne serait-ce que l’état des routes et conditions de vie rudimentaire dans les villages) et son oppulence en buffle.
Le tout dans des paysages époustoufflants de montagne et rizières.









L’indonésie a pour particularité d’être pour grande partie constituée d’une chaîne de volcans (pour la plupart encore en activité) ayant émergé de l’océan Indien. Et parmi la multitude de cratères fumants, deux montagnes de feu particulièrement emblématiques se trouvent à Java Est : le Bromo et le Kawah Ijen. A l’occasion de vacances avec ma famille pour les fêtes de fin d’année, j’ai eu la chance de pouvoir aller observer leur activité en direct.
Bromo
Le Bromo se trouve lui-même dans une caldeira de 10km de diamètre intégralement recouverte de cendre, ayant été creusé par un ancien volcan qui s’est lui-même détruit lors de son explosion. On a véritablement l’impression de se balader dans un paysage lunaire. Aux côtés du Bromo, quelques autres volcans, dont notamment le Semeru, le point culminant de Java. Rien que ça.





Le Kawah Ijen (littéralement cratère solitaire), est d’un autre genre que le Bromo. Au fond de son cratère ne se trouve pas un trou béant crachant une fumée ardente mais un lac et une mine de souffre, où on peut observer la nuit un phénomène rare à l’origine de flammes bleues.
Gravir le Kawah Ijen n’est pas une promenade de santé (mon père peut en témoigner), et atteindre le fond du cratère pour le lever du soleil se mérite. Départ au plus tard à 1h du matin pour 2h d’ascension abrupte dans la nuit puis près d’une heure de descente sur un chemin plus que cahoteux et dans les vapeurs de souffre jusqu’au fond même du cratère, et ce toujours à la lampe de poche.
Le Kawah Ijen est tristement célèbre pour ses porteurs de souffre, qui descendent chaque jour plusieurs fois au fond du cratère afin de ramener quelques 80kg du minerais sur leur dos, sans aucune condition de sécurité et ce pour un prix dérisoire. Ce souffre est utilisé partout dans le monde pour des cosmétiques, insecticides, etc. Les croiser tout au long du parcours transportant une charge de 80kg bien plus vite que la plupart des touristes essouflés portant seulement leur bouteille d’eau, voir certains touristes qui ne se décalent même pas pour les laisser passer malgré leur fardeau, et pourtant les voir nous sourire avec gentillesse restera sûrement le souvenir le plus marquant.
Détail choquant et représentatif : le parking pour les véhicules déposant les touristes se trouve 100m avant le dépôt de souffre des porteurs, forçant ces derniers à effectuer un chemin plus long que nous …






Pour vous donner une idée de la vie de tous les jours, voici quelques photos prises au hasard à Jogjakarta, la ville où j’habite maintenant depuis presque 4 mois.






