
Balade en moto, le ciel nous tombe sur la tête, mais un petit warung (sorte de bouiboui à l’indonésienne) est là pour nous abriter !









L’indonésie a pour particularité d’être pour grande partie constituée d’une chaîne de volcans (pour la plupart encore en activité) ayant émergé de l’océan Indien. Et parmi la multitude de cratères fumants, deux montagnes de feu particulièrement emblématiques se trouvent à Java Est : le Bromo et le Kawah Ijen. A l’occasion de vacances avec ma famille pour les fêtes de fin d’année, j’ai eu la chance de pouvoir aller observer leur activité en direct.
Bromo
Le Bromo se trouve lui-même dans une caldeira de 10km de diamètre intégralement recouverte de cendre, ayant été creusé par un ancien volcan qui s’est lui-même détruit lors de son explosion. On a véritablement l’impression de se balader dans un paysage lunaire. Aux côtés du Bromo, quelques autres volcans, dont notamment le Semeru, le point culminant de Java. Rien que ça.





Le Kawah Ijen (littéralement cratère solitaire), est d’un autre genre que le Bromo. Au fond de son cratère ne se trouve pas un trou béant crachant une fumée ardente mais un lac et une mine de souffre, où on peut observer la nuit un phénomène rare à l’origine de flammes bleues.
Gravir le Kawah Ijen n’est pas une promenade de santé (mon père peut en témoigner), et atteindre le fond du cratère pour le lever du soleil se mérite. Départ au plus tard à 1h du matin pour 2h d’ascension abrupte dans la nuit puis près d’une heure de descente sur un chemin plus que cahoteux et dans les vapeurs de souffre jusqu’au fond même du cratère, et ce toujours à la lampe de poche.
Le Kawah Ijen est tristement célèbre pour ses porteurs de souffre, qui descendent chaque jour plusieurs fois au fond du cratère afin de ramener quelques 80kg du minerais sur leur dos, sans aucune condition de sécurité et ce pour un prix dérisoire. Ce souffre est utilisé partout dans le monde pour des cosmétiques, insecticides, etc. Les croiser tout au long du parcours transportant une charge de 80kg bien plus vite que la plupart des touristes essouflés portant seulement leur bouteille d’eau, voir certains touristes qui ne se décalent même pas pour les laisser passer malgré leur fardeau, et pourtant les voir nous sourire avec gentillesse restera sûrement le souvenir le plus marquant.
Détail choquant et représentatif : le parking pour les véhicules déposant les touristes se trouve 100m avant le dépôt de souffre des porteurs, forçant ces derniers à effectuer un chemin plus long que nous …






Une de mes colocs m’a dit un jour une phrase qui, à première abord, décrit assez bien la capitale indonésienne : « I’ve seen so much beauty in this country, that maybe at some point I need to see uglyness too. »
Alors c’est vrai, Jakarta n’est pas une belle ville. Ce n’est pas là que vous trouverez des beaux monuments entretenus, des espaces verts reposants, une unité architecturale ou même encore une skyline (bien que les gratte-ciels illuminés ont un réel charme la nuit !). Jakarta n’est pas une ville pratique à vivre non plus : imaginez une ville de plus de 20 millions d’habitants, avec des transports en commun rares et imprévisibles, des trottoirs pratiquement inexistants et une circulation réputée dans toute l’Asie pour ses embouteillages monstres, et vous comprendrez vite pourquoi.
Mais Jakarta ne se limite pas à ça. C’est aussi et surtout une ville en constante transformation, une ville qui fourmille d’énergie, une ville qui détonne par ses contrastres (ou comment passer d’une cantine glauque faisant également office de karaoké au sous-sol d’un mall spécialisé dans les joints de lavabo et multiprises à un restaurant chic d’un quartier branché en quelques heures), ainsi qu’un théâtre où les nouveaux riches peuvent afficher leur fortune (les villas flambant neuves construites en réplique de temple grec sont légion !), malgré une pauvreté par endroit criante. Jakarta est au centre du boom économique indonésien, et la ville est la vitrine de cet envol soudain.









A l’occasion d’un week-end, j’ai participé à un programme promouvant la rencontre entre les étudiants internationaux et les élèves d’un lycée dans un petit village au sud de Jogja.
Expérience en image.







Littéralement « manger dans les warungs » (et oui, en indonésien, pour marquer le pluriel il suffit de répéter 2 fois un mot)
Un warung, c’est un stand de nourriture, un petit restaurant de rue que l’on trouve partout et où l’on peut manger des plats basiques pour presque rien. Les Indonésiens y mange très souvent, car quand je dis presque « pour presque rien », il faut comprendre « pour moins cher que cuisiner soit même ».
Quand les warungs se trouvent au bord de la mer, ça devient un vrai régal dans la mesure où le choix de poisson ou de fruits de mer frais est absolument incroyable, et ne coûte pas beaucoup plus cher. En revanche, dès qu’on s’éloigne de la mer (et donc à Jogjakarta), oubliez le poisson : ici les poissons d’eau douces proposés par les warungs vivent la plupart du temps dans les fosses septiques !
Ces photos ont été prises dans 2 endroits différents : à côté d’une plage au sud de Java et une dans une île au nord de Java.





Le haut plateau de Dieng (environ 2000m d’altitude), au nord de Jogjakarta, offre des paysages à couper le souffle (lever de soleil sur les volcans, lac de souffre, etc.), mais une recherche google image vous en offrira sûrement des meilleurs panoramas que mes photos.
Je vous propose à la place des photos de villages de cette région, dans un cadre de champs de patates douces en terrasse (et non, ce n’est pas des rizières !) plutôt sympa.




Pour avoir une idée du littoral sud de l’île de Java (c’est à dire des plages les plus proches de chez moi), oubliez tous vos clichés de plages de sables blanc et d’île paradisiaque. Imaginez plutôt une mer agitée et visiblement dangereuse, des falaises, des plages remplies d’algues et de rochers. En effet du fait de l’activité volcanique ayant creusé le sol sous-marins, les courants sont extrêmement dangereux et interdisent la baignade sur la plupart des plages. Et quand bien même un bassin rocheux ou une baie protège les baigneurs, oubliez les bikinis : ici, pudeur islamique oblige, on se baigne habillé !
Les paysages n’en sont pas moins magnifiques, et les Indonésiens (dont nombreux sont ceux qui ne savent pas nager) savent en profiter à leur façon.

